Le Château de La Valette.

 

Grâce à Monsieur Etienne Vaissière, petit-neveu de l'ancienne propriétaire du Château de La Valette, j'ai pu réunir des renseignements sur ce château et ses occupants et mieux cerner les tragiques événements qui ont détruit ce château et profondément blessé cette famille.

 

 

En 1944, Mme Vaissière, née Madeleine Marchand, habitait le château de La Valette avec deux de ses fils, Paul et Joseph, et sa fille Odile. Voici une photo du château, prise en 1912.

 

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Paul et Joseph Vaissière n'étaient pas des résistants. Ils vivaient de l'exploitation d'une petite ferme et n'affichaient aucune tendance politique. Cette dernière assertion est confirmée par un témoin résistant qui avoue être venu chercher (par effraction) les armes des casernes françaises d'Issoire dans le château de La Valette, pensant qu'elles y avaient été cachées.

 

 

En juillet 1944, le château fut réquisitionné par les FFI. Leurs occupants acceptèrent d'aider et d'héberger ces résistants. Malheureusement, quand les Allemands s'en prirent au château, les résistants l'avaient déjà quitté, laissant ses propriétaires affronter les conséquences de leur bonté et de leur hospitalité.

 

 

Odile Vaissière n'était pas au château mais Madeleine Vaissière et ses fils furent arrêtés et déportés. Paul et Joseph, déportés, moururent l'un à Flossenburg en janvier 1945, l'autre à Graditz en avril 1945. Pour l'aide apportée aux FFI, dont témoigne l'attestation ci-jointe, ils ont été reconnus comme déportés politiques, et Madeleine Vaissière a reçu le grade de sous-lieutenant dans la Résistance.

 

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Lettre de Solange Bernier. "Dimanche 6 août. Les plus malheureux, ce sont les Vaissière du château de La Valette, qui n'étaient pas du tout pro réfractaires et qui ont reçu un bon de réquisition du château des chefs du maquis. Les ayant hébergés, ils ont payé pour les autres et c'est eux que les Allemands ont arrêtés."

 

 

Le château fut pillé et incendié. Souvenirs de Mireille Bernier, 18 septembre 1944 : "Nous nous rendîmes un jour à ce château de La Valette. C'était un bâtiment assez important, situé un peu en contrebas d'une pente. Nous le trouvâmes sinistrement vide et noirci, ouvert à tous les vents, sans plus ni portes ni fenêtres, tous meubles enlevés. Il ne restait dans un couloir qu'un piano sans couvercle, sur les cordes duquel mon frère, en passant, frotta sa main, des aigus aux graves, faisant résonner, dans le silence lugubre du château mort, une gamme chromatique incongrue et sinistre qui nous glaça. Il n'y avait rien d'autre à voir que la désolation des lieux, hélas."

 

 

M. Etienne Vaissière m'a communiqué une photo de la façade, prise le 19 septembre 2009.

 

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