Octobre 1939.

Communiqué du 1er octobre. Matin. Amélioration de nos positions à l'ouest de Sarrelouis.

Communiqué du 1er octobre. Soir. Journée calme.

Tirs d'artillerie de part et d'autre à l'est de la Sarre.

 Communiqué du 2 octobre. Matin. Nuit relativement calme.

Coups de main et embuscades sur diverses parties du front.

Communiqué du 2 octobre. Soir. Des attaques locales de l'ennemi ont été repoussées au sud de Sarrelouis et dans la région à l'est de la Sarre.

Dans cette dernière région, tirs de l'artillerie ennemie sur des localités allemandes en arrière de notre ligne.

 Communiqué du 3 octobre. Matin. Grande activité des patrouilles de part et d'autre au cours de la nuit.

Communiqué du 3 octobre. Soir. Des coups de main ennemis ont été repoussés à l'est de la Moselle et à l'est de la Sarre.

Activité des deux artilleries dans les mêmes régions.

 Communiqué du 4 octobre. Matin. Nuit calme. Tirs d'artillerie de part et d'autre au sud de Deux-Ponts.

Communiqué du 4 octobre. Soir. Patrouilles et embuscades en divers points du front.

L'ennemi a tenté un coup de main au sud de Pirmassens et a été repoussé.

Un de nos sous-marins a capturé et ramené au port un bâtiment de commerce allemand.

 Communiqué du 5 octobre. Matin. Actions intermittentes d'artillerie sur divers points du front.

Communiqué du 5 octobre. Soir. Journée calme dans l'ensemble. Activité de part et d'autre des éléments de reconnaissance sur diverses parties du front.

 Communiqué du 6 octobre. Matin. Nuit calme. Activité de patrouilles, notamment au sud-ouest de Sarrebruck.

Communiqué du 6 octobre. Soir. Activité des éléments légers en contact sur de nombreuses parties du front.

Une attaque de nos postes dans la région à l'ouest de Wissembourg a été repoussée.

 Communiqué du 7 octobre. Matin. Activité des éléments de reconnaissance sur le front, notamment dans la région au sud-ouest de Sarrebruck.

Communiqué du 7 octobre. Soir. Activité d'artillerie de part et d'autre entre la Moselle et la Sarre.

Patrouilles de part et d'autres dans la région au sud de Deux-Ponts.

Pendant la première semaine d'octobre, la marine française a arrêté 30.000 tonnes de marchandises destinées à l'Allemagne.

 Communiqué du 8 octobre. Matin. Nuit calme. Des patrouilles ennemies ont été repoussées par nos feux au sud-ouest de Sarrebruck.

Communiqué du 8 octobre. Soir. Des coups de main ennemis dans la région à l'est de la Moselle ont été repoussés.

Actions réciproques d'artillerie au sud et au sud-ouest de Sarrelouis.

 Communiqué du 9 octobre. Matin. A la fin de la journée du 8 et dans la nuit, activité des éléments au contact dans la vallée inférieure de la Nied et au sud de Sarrebruck.

Communiqué du 9 octobre. Soir. Très grande activité des patrouilles ennemies entre Moselle et Sarre.

Action d'artillerie de part et d'autre de la Moselle au Rhin.

Sur mer, un de nos patrouilleurs a attaqué avec succès un sous-marin ennemi.

Communiqué de l'Amirauté britannique. Des avions de reconnaissance ont fait savoir, hier après-midi, qu'une escadrille navale allemande se dirigeait vers le sud-ouest de la Norvège. Nos forces ont essayé d'engager le combat mais l'obscurité a permis à l'ennemi de s'échapper.

Aujourd'hui, des actions réitérées ont eu lieu dans les zones nord-est de la mer du Nord entre des avions allemands de bombardement et des croiseurs et destroyers anglais.

Aucun navire anglais n'a été endommagé.

On ignore les pertes de l'ennemi.

 Communiqué du 10 octobre. Matin. Les patrouilles ennemies sont toujours très actives, notamment à l'est et à l'ouest de la Sarre.

Actions réciproques d'artillerie dans ces mêmes régions.

Communiqué du 10 octobre. Soir. Entre la Moselle et la Sarre, très grande activité de l'élément de reconnaissance ennemi.

Nous avons repoussé dans cette région plusieurs coups de main, dont certains comportaient des effectifs assez importants.

 Communiqué du 11 octobre. Matin. De fortes patrouilles ennemies ont de nouveau, au cours de la nuit, été repoussées au sud de Sarrebruck et dans la région au sud de Pirmasens.

Communiqué du 11 octobre. Soir. L'activité des patrouilles ennemies se poursuit et s'accroit entre la Moselle et la Sarre.

Tirs d'artillerie de part et d'autre dans la même région.

Communiqué du 12 octobre. Matin. L'activité des éléments de première ligne s'est étendue, au cours de la nuit, sur plusieurs parties du front entre la Moselle et le Rhin.

Communiqué du 12 octobre. Soir. Embuscades et patrouilles de part et d'autre.

Activité de nos éléments avancés, notamment dans la région au sud de Sarrebruck.

 Communiqué du 13 octobre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Des patrouilles ennemies, dans la région de Warndt, ont été repoussées.

Communiqué du 13 octobre. Soir. Temps brumeux et pluvieux.

Faible activité sur le front.

Dans la région au sud de Pirmasens, l'ennemi a lancé plusieurs patrouilles de reconnaissances qui ont dû se replier sans résultat.

Communiqué de l'Amirauté britannique. L'Amirauté annonce que le vendredi 13 octobre a porté malheur aux sous-marins allemands. Deux d'entre eux ont été coulés. Les navires de chasse ont pu recueillir quelques survivants.

Se référant à son communiqué précédent, l'amirauté annonce qu'elle vient de recevoir la nouvelle de la destruction d'un troisième sous-marin allemand aujourd'hui vendredi 13. Dans ce dernier cas, les navires de chasse ont pu également recueillir un petit nombre de survivants. [1]

 Communiqué du 14 octobre. Matin. Nuit calme. Tirs d'artillerie de part et d'autre dans la région à l'est de la Moselle.

Communiqué du 14 octobre. Soir. Les patrouilles ennemies se sont montrées actives dans la région à l'ouest de la Sarre, ainsi qu'au sud de Deux-Ponts. Elles ont été repoussées.

Tirs d'artillerie assez violents au sud-ouest de Sarrebruck.

 Communiqué du 15 octobre. Matin. Au cours de la nuit, coups de main et patrouilles ennemies, sans résultat, entre la Moselle et la Sarre.

Activité des éléments de reconnaissance sur l'ensemble du front.

Actions réciproques d'artillerie à l'ouest de Sarrebruck.

Communiqué du 15 octobre. Soir. Temps brumeux et pluvieux. Journée sans grande activité sur le front.

Au nord-ouest de Wissembourg, nos embuscades ont obtenu le résultat cherché.

Communiqué du 16 octobre. Matin. Grande activité dans les lignes ennemies, entre la Moselle et la Sarre.

Patrouilles de part et d'autre dans la région à l'ouest de Wissembourg.

Communiqué du 16 octobre. Soir. Les Allemands ont déclenché ce matin une attaque appuyée par de l'artillerie, immédiatement à l'est de la Moselle et sur un front d'environ six kilomètres. Ils ont occupé la hauteur de Schneeberg où nous avions des éléments légers de surveillance appuyés sur des dispositifs de mines.

Prise sous nos feux, l'attaque ennemie s'est arrêtée et a dû même se replier au nord d'Appach[2] où elle avait un instant pénétré.[3]

Pendant la deuxième semaine d'octobre, la marine française a arrêté 25.000 tonnes de marchandises destinées à l'Allemagne.

 Communiqué du 17 octobre. Matin. Hier, en fin d'après-midi, les Allemands ont déclenché une deuxième attaque, également appuyée par une forte artillerie, dans la région à l'est de la Sarre, sur un front d'environ trente kilomètres. Nos éléments légers de surveillance se sont repliés en combattant, conformément à leur mission. Nos feux ont arrêté l'ennemi sur la ligne prévue.

En prévision de cette reprise de l'offensive par les Allemands, il y a plus de quinze jours que le commandement français avait décidé de ramener sur d'autres positions les divisions françaises qui avaient pris l'offensive en territoire allemand en vue de soulager indirectement les armées polonaises. L'ensemble des mouvements nécessaires était terminé le 3 octobre. Nous n'avions depuis laissé au contact que des éléments légers de surveillance et quelques fractions de soutien.

Communiqué du 17 octobre. Soir. Actions locales sur l'ensemble du front, quid demeure sans changement depuis ce matin, malgré de vifs engagement d'infanterie sur certains points.

Un bâtiment de commerce allemand a été pris par notre croisière de l'Atlantique.

Déclaration de M. Winston Churchill, Premier Lord de l'Amirauté. Un tiers environ des soixante sous-marins allemands en service au début de la guerre a été coulé ou sérieusement endommagé[4]. Quatre sous-marins allemands ont été certainement détruits vendredi dernier, dont deux des plus grands submersibles que possédait le Reich.

 Communiqué du 18 octobre. Matin. Activité d'éléments de contact de part et d'autre au cours de la nuit. Embuscades et coups de main. Circulation intense routière et ferroviaire sur les arrières de l'ennemi.

Communiqué du 18 octobre. Soir. Front général sans changement. Grande activité des éléments de reconnaissance, notamment entre la Moselle et la Sarre.

 Communiqué du 19 octobre. Matin. Nuit calme dans l'ensemble. Temps très pluvieux.

Des éléments d'infanterie ennemie, appuyés par de l'artillerie, ont été repoussés en divers points du front.

Communiqué du 19 octobre. Soir. Au cours de la journée, nombreuses patrouilles de part et d'autre, notamment dans la région à l'est de la Moselle. Notre artillerie s'est montrée particulièrement active dans la même région.

L'ensemble des renseignements reçus confirme que les Allemands ont attaqué en force le 16 octobre dernier sur un front d'environ 6 kilomètres à l'est de la Moselle et de 30 kilomètres à l'est de la Sarre. Ces attaques sont tombées dans le vide. Les éléments de cavalerie, avec quelques soutiens d'infanterie laissés seuls au contact après le repli du gros des divisions que nous avions engagées offensivement au début de septembre, se sont repliés conformément aux ordres reçus dès le commencement de la préparation d'artillerie. Leur mouvement s'est heureusement effectué sur tout le front et sur une profondeur qui, en certains points était de près de 10 kilomètres. Ils ont été recueillis, comme il était prévu, sur une ligne de terrain organisée à l'avance, très largement en avant de nos systèmes de fortifications permanentes, et n'ont subi que des pertes très légères.

Toutefois, un de ces détachements, comprenant un officier et une cinquantaine de gradés et d'hommes, s'est trouvé débordé par l'ennemi. Il s'est courageusement défendu.

Après quelques fluctuations, le front de combat s'est actuellement établi sur la ligne prévue. Nous avons fait des prisonniers en divers points.

 Communiqué du 20 octobre. Matin. Nuit calme. Temps pluvieux. Activité de patrouilles, de part et d'autre, sur de nombreux points.

Communiqué du 20 octobre. Soir. Activité de patrouilles de reconnaissance entre la Moselle et la Sarre. Nous avons fait quelques prisonniers.

Activité locale d'artillerie dans la même région.

Calme sur l'ensemble du front, à l'est de la Sarre.

 Communiqué du 21 octobre. Matin. Nuit calme. Activité de patrouilles. 

Tirs de harcèlement de l'artillerie.

Communiqué du 21 octobre. Soir. Journée marquée par une certaine activité de l'artillerie.

 Communiqué du 22 octobre. Matin. Nuit assez calme sur l'ensemble du front.

Communiqué du 22 octobre. Soir. Journée calme. Patrouilles et embuscades en divers points du front.

 Communiqué du 23 octobre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Communiqué du 23 octobre. Soir. Activité marquée des éléments de contact, particulièrement dans la région à l'ouest de la Sarre.

 Communiqué du 24 octobre. Matin. Aucune activité notable au cours de la nuit.

Communiqué du 24 octobre. Soir. A la fin de la nuit dernière et au cours de la journée, coups de main et embuscades en divers points du front.

Assez vif engagement vers la lisière sud-est de la forêt du Warndt où l'un de nos postes, attaqué par l'ennemi, a été dégagé par une contre-attaque immédiate.

 Communiqué du 25 octobre. Matin. Nuit calme dans l'ensemble.

Activité de patrouilles et d'artillerie dans la région à l'ouest de la Sarre.

Communiqué du 25 octobre. Soir. Nos éléments de reconnaissance et ceux de l'ennemi ont montré une certaine activité au cours de la journée.

Nous avons repoussé un détachement allemand dans la région voisine de la Moselle.

 Communiqué du 26 octobre. Matin. Nuit calme dans l'ensemble. Mauvais temps.

Communiqué du 26 octobre. Soir. Rencontre d'éléments de contact et actions réciproques d'artillerie en divers points du front.

 Communiqué du 27 octobre. Matin. Au cours de la nuit, activité locale des éléments de reconnaissance.

Communiqué du 27 octobre. Soir. Activité accrue des éléments au contact ainsi que des deux artilleries.

Communiqué de l'Amirauté Britannique. L'Amirauté a annoncé cette nuit que l'épave d'un sous-marin allemand a été découverte hier sur les sables des Goodwing, près de la rade des Dunes. […] Soixante cadavres ont été trouvés à l'intérieur du sous-marin et transportés à Douvres. [5]

 Communiqué du 28 octobre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Communiqué du 28 octobre. Soir. Rencontres de détachements de reconnaissance en divers points du front.

Sur mer, nos patrouilleurs ont recueilli des corps d'officiers et de marins allemands appartenant à un sous-marin coulé.

Communiqué du 29 octobre. Matin. Activité très réduite au cours de la nuit.

Communiqué du 29 octobre. Soir. Journée calme dans l'ensemble.

 Communiqué du 30 octobre. Matin. Nuit calme. Nous avons repoussé quelques coups de main ennemis.

Communiqué du 30 octobre. Soir. Activité des éléments de contact sur l'ensemble du front.

Actions locales d'artillerie.

Travail intense des aviations de reconnaissance et de chasse.

Dans les deux premiers mois de guerre, six bâtiments français, totalisant 41.000 tonnes, ont été perdus.

Dans le même temps, nous avons capturé quatre bâtiments dont un, le cargo allemand "Halle", s'est fait couler. Les trois autres totalisant 19.000 tonnes, sont utilisés par nous.

Depuis le début des hostilités, notre flotte marchande a donc subi une diminution de 22.000 tonnes, soit 1% du tonnage total français ayant effectivement navigué.

 Communiqué du 31 octobre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Communiqué du 31 octobre. Soir. Entre Moselle et Sarre, activité marquée : coups de main, embuscades et patrouilles.

Au cours des nombreux vols qui ont été effectués dans la journée du 30 octobre, un avion bimoteur de reconnaissance allemand a été abattu dans nos lignes ; deux avions d'observation ennemis sont tombés désemparés dans les lignes allemandes sur le front de la Sarre. Tous les avions français sont bien rentrés à leur base.



[1]  Le submersible allemand U40 coule après avoir heurté une mine près de Dover 3 survivants). Le U42 est envoyé par le fond au sud-ouest de l’Irlande par les destroyers HMS Imogen et HMS Ilex (20 survivants). Pas trace du 3e sous-marin mentionné.

[2] Apach, juste à la frontière France-Allemagne-Luxembourg.

[3] "Attaque allemande sur environ 7 kilomètres de front à l'est de la Moselle. L'avance allemande aurait été stoppée par les Français. Plus tard dans la journée, les troupes allemandes attaquent sur environ 32 kilomètres de front à l'est de la Sarre. Suivant le plan prévu, les troupes françaises se retirent alors de la Sarre. En 48 heures, les Français sont repoussés sur leurs positions du mois de septembre. Les pertes sont peu élevées des deux côtés, bien que les Alliés déclarent que les pertes allemandes s'élèvent à 5 000 soldats à la suite de l'opération."

[4] Il y avait 57 U-boots prêts à prendre la mer au début de la guerre, en septembre 1939. A la fin de l'année, 9 avaient été coulés.