Mémoires d'un artilleur

06 décembre 2017

Communiqués de guerre. Octobre 1939

Octobre 1939.

Communiqué du 1er octobre. Matin. Amélioration de nos positions à l'ouest de Sarrelouis.

Communiqué du 1er octobre. Soir. Journée calme.

Tirs d'artillerie de part et d'autre à l'est de la Sarre.

 Communiqué du 2 octobre. Matin. Nuit relativement calme.

Coups de main et embuscades sur diverses parties du front.

Communiqué du 2 octobre. Soir. Des attaques locales de l'ennemi ont été repoussées au sud de Sarrelouis et dans la région à l'est de la Sarre.

Dans cette dernière région, tirs de l'artillerie ennemie sur des localités allemandes en arrière de notre ligne.

 Communiqué du 3 octobre. Matin. Grande activité des patrouilles de part et d'autre au cours de la nuit.

Communiqué du 3 octobre. Soir. Des coups de main ennemis ont été repoussés à l'est de la Moselle et à l'est de la Sarre.

Activité des deux artilleries dans les mêmes régions.

 Communiqué du 4 octobre. Matin. Nuit calme. Tirs d'artillerie de part et d'autre au sud de Deux-Ponts.

Communiqué du 4 octobre. Soir. Patrouilles et embuscades en divers points du front.

L'ennemi a tenté un coup de main au sud de Pirmassens et a été repoussé.

Un de nos sous-marins a capturé et ramené au port un bâtiment de commerce allemand.

 Communiqué du 5 octobre. Matin. Actions intermittentes d'artillerie sur divers points du front.

Communiqué du 5 octobre. Soir. Journée calme dans l'ensemble. Activité de part et d'autre des éléments de reconnaissance sur diverses parties du front.

 Communiqué du 6 octobre. Matin. Nuit calme. Activité de patrouilles, notamment au sud-ouest de Sarrebruck.

Communiqué du 6 octobre. Soir. Activité des éléments légers en contact sur de nombreuses parties du front.

Une attaque de nos postes dans la région à l'ouest de Wissembourg a été repoussée.

 Communiqué du 7 octobre. Matin. Activité des éléments de reconnaissance sur le front, notamment dans la région au sud-ouest de Sarrebruck.

Communiqué du 7 octobre. Soir. Activité d'artillerie de part et d'autre entre la Moselle et la Sarre.

Patrouilles de part et d'autres dans la région au sud de Deux-Ponts.

Pendant la première semaine d'octobre, la marine française a arrêté 30.000 tonnes de marchandises destinées à l'Allemagne.

 Communiqué du 8 octobre. Matin. Nuit calme. Des patrouilles ennemies ont été repoussées par nos feux au sud-ouest de Sarrebruck.

Communiqué du 8 octobre. Soir. Des coups de main ennemis dans la région à l'est de la Moselle ont été repoussés.

Actions réciproques d'artillerie au sud et au sud-ouest de Sarrelouis.

 Communiqué du 9 octobre. Matin. A la fin de la journée du 8 et dans la nuit, activité des éléments au contact dans la vallée inférieure de la Nied et au sud de Sarrebruck.

Communiqué du 9 octobre. Soir. Très grande activité des patrouilles ennemies entre Moselle et Sarre.

Action d'artillerie de part et d'autre de la Moselle au Rhin.

Sur mer, un de nos patrouilleurs a attaqué avec succès un sous-marin ennemi.

Communiqué de l'Amirauté britannique. Des avions de reconnaissance ont fait savoir, hier après-midi, qu'une escadrille navale allemande se dirigeait vers le sud-ouest de la Norvège. Nos forces ont essayé d'engager le combat mais l'obscurité a permis à l'ennemi de s'échapper.

Aujourd'hui, des actions réitérées ont eu lieu dans les zones nord-est de la mer du Nord entre des avions allemands de bombardement et des croiseurs et destroyers anglais.

Aucun navire anglais n'a été endommagé.

On ignore les pertes de l'ennemi.

 Communiqué du 10 octobre. Matin. Les patrouilles ennemies sont toujours très actives, notamment à l'est et à l'ouest de la Sarre.

Actions réciproques d'artillerie dans ces mêmes régions.

Communiqué du 10 octobre. Soir. Entre la Moselle et la Sarre, très grande activité de l'élément de reconnaissance ennemi.

Nous avons repoussé dans cette région plusieurs coups de main, dont certains comportaient des effectifs assez importants.

 Communiqué du 11 octobre. Matin. De fortes patrouilles ennemies ont de nouveau, au cours de la nuit, été repoussées au sud de Sarrebruck et dans la région au sud de Pirmasens.

Communiqué du 11 octobre. Soir. L'activité des patrouilles ennemies se poursuit et s'accroit entre la Moselle et la Sarre.

Tirs d'artillerie de part et d'autre dans la même région.

Communiqué du 12 octobre. Matin. L'activité des éléments de première ligne s'est étendue, au cours de la nuit, sur plusieurs parties du front entre la Moselle et le Rhin.

Communiqué du 12 octobre. Soir. Embuscades et patrouilles de part et d'autre.

Activité de nos éléments avancés, notamment dans la région au sud de Sarrebruck.

 Communiqué du 13 octobre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Des patrouilles ennemies, dans la région de Warndt, ont été repoussées.

Communiqué du 13 octobre. Soir. Temps brumeux et pluvieux.

Faible activité sur le front.

Dans la région au sud de Pirmasens, l'ennemi a lancé plusieurs patrouilles de reconnaissances qui ont dû se replier sans résultat.

Communiqué de l'Amirauté britannique. L'Amirauté annonce que le vendredi 13 octobre a porté malheur aux sous-marins allemands. Deux d'entre eux ont été coulés. Les navires de chasse ont pu recueillir quelques survivants.

Se référant à son communiqué précédent, l'amirauté annonce qu'elle vient de recevoir la nouvelle de la destruction d'un troisième sous-marin allemand aujourd'hui vendredi 13. Dans ce dernier cas, les navires de chasse ont pu également recueillir un petit nombre de survivants. [1]

 Communiqué du 14 octobre. Matin. Nuit calme. Tirs d'artillerie de part et d'autre dans la région à l'est de la Moselle.

Communiqué du 14 octobre. Soir. Les patrouilles ennemies se sont montrées actives dans la région à l'ouest de la Sarre, ainsi qu'au sud de Deux-Ponts. Elles ont été repoussées.

Tirs d'artillerie assez violents au sud-ouest de Sarrebruck.

 Communiqué du 15 octobre. Matin. Au cours de la nuit, coups de main et patrouilles ennemies, sans résultat, entre la Moselle et la Sarre.

Activité des éléments de reconnaissance sur l'ensemble du front.

Actions réciproques d'artillerie à l'ouest de Sarrebruck.

Communiqué du 15 octobre. Soir. Temps brumeux et pluvieux. Journée sans grande activité sur le front.

Au nord-ouest de Wissembourg, nos embuscades ont obtenu le résultat cherché.

Communiqué du 16 octobre. Matin. Grande activité dans les lignes ennemies, entre la Moselle et la Sarre.

Patrouilles de part et d'autre dans la région à l'ouest de Wissembourg.

Communiqué du 16 octobre. Soir. Les Allemands ont déclenché ce matin une attaque appuyée par de l'artillerie, immédiatement à l'est de la Moselle et sur un front d'environ six kilomètres. Ils ont occupé la hauteur de Schneeberg où nous avions des éléments légers de surveillance appuyés sur des dispositifs de mines.

Prise sous nos feux, l'attaque ennemie s'est arrêtée et a dû même se replier au nord d'Appach[2] où elle avait un instant pénétré.[3]

Pendant la deuxième semaine d'octobre, la marine française a arrêté 25.000 tonnes de marchandises destinées à l'Allemagne.

 Communiqué du 17 octobre. Matin. Hier, en fin d'après-midi, les Allemands ont déclenché une deuxième attaque, également appuyée par une forte artillerie, dans la région à l'est de la Sarre, sur un front d'environ trente kilomètres. Nos éléments légers de surveillance se sont repliés en combattant, conformément à leur mission. Nos feux ont arrêté l'ennemi sur la ligne prévue.

En prévision de cette reprise de l'offensive par les Allemands, il y a plus de quinze jours que le commandement français avait décidé de ramener sur d'autres positions les divisions françaises qui avaient pris l'offensive en territoire allemand en vue de soulager indirectement les armées polonaises. L'ensemble des mouvements nécessaires était terminé le 3 octobre. Nous n'avions depuis laissé au contact que des éléments légers de surveillance et quelques fractions de soutien.

Communiqué du 17 octobre. Soir. Actions locales sur l'ensemble du front, quid demeure sans changement depuis ce matin, malgré de vifs engagement d'infanterie sur certains points.

Un bâtiment de commerce allemand a été pris par notre croisière de l'Atlantique.

Déclaration de M. Winston Churchill, Premier Lord de l'Amirauté. Un tiers environ des soixante sous-marins allemands en service au début de la guerre a été coulé ou sérieusement endommagé[4]. Quatre sous-marins allemands ont été certainement détruits vendredi dernier, dont deux des plus grands submersibles que possédait le Reich.

 Communiqué du 18 octobre. Matin. Activité d'éléments de contact de part et d'autre au cours de la nuit. Embuscades et coups de main. Circulation intense routière et ferroviaire sur les arrières de l'ennemi.

Communiqué du 18 octobre. Soir. Front général sans changement. Grande activité des éléments de reconnaissance, notamment entre la Moselle et la Sarre.

 Communiqué du 19 octobre. Matin. Nuit calme dans l'ensemble. Temps très pluvieux.

Des éléments d'infanterie ennemie, appuyés par de l'artillerie, ont été repoussés en divers points du front.

Communiqué du 19 octobre. Soir. Au cours de la journée, nombreuses patrouilles de part et d'autre, notamment dans la région à l'est de la Moselle. Notre artillerie s'est montrée particulièrement active dans la même région.

L'ensemble des renseignements reçus confirme que les Allemands ont attaqué en force le 16 octobre dernier sur un front d'environ 6 kilomètres à l'est de la Moselle et de 30 kilomètres à l'est de la Sarre. Ces attaques sont tombées dans le vide. Les éléments de cavalerie, avec quelques soutiens d'infanterie laissés seuls au contact après le repli du gros des divisions que nous avions engagées offensivement au début de septembre, se sont repliés conformément aux ordres reçus dès le commencement de la préparation d'artillerie. Leur mouvement s'est heureusement effectué sur tout le front et sur une profondeur qui, en certains points était de près de 10 kilomètres. Ils ont été recueillis, comme il était prévu, sur une ligne de terrain organisée à l'avance, très largement en avant de nos systèmes de fortifications permanentes, et n'ont subi que des pertes très légères.

Toutefois, un de ces détachements, comprenant un officier et une cinquantaine de gradés et d'hommes, s'est trouvé débordé par l'ennemi. Il s'est courageusement défendu.

Après quelques fluctuations, le front de combat s'est actuellement établi sur la ligne prévue. Nous avons fait des prisonniers en divers points.

 Communiqué du 20 octobre. Matin. Nuit calme. Temps pluvieux. Activité de patrouilles, de part et d'autre, sur de nombreux points.

Communiqué du 20 octobre. Soir. Activité de patrouilles de reconnaissance entre la Moselle et la Sarre. Nous avons fait quelques prisonniers.

Activité locale d'artillerie dans la même région.

Calme sur l'ensemble du front, à l'est de la Sarre.

 Communiqué du 21 octobre. Matin. Nuit calme. Activité de patrouilles. 

Tirs de harcèlement de l'artillerie.

Communiqué du 21 octobre. Soir. Journée marquée par une certaine activité de l'artillerie.

 Communiqué du 22 octobre. Matin. Nuit assez calme sur l'ensemble du front.

Communiqué du 22 octobre. Soir. Journée calme. Patrouilles et embuscades en divers points du front.

 Communiqué du 23 octobre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Communiqué du 23 octobre. Soir. Activité marquée des éléments de contact, particulièrement dans la région à l'ouest de la Sarre.

 Communiqué du 24 octobre. Matin. Aucune activité notable au cours de la nuit.

Communiqué du 24 octobre. Soir. A la fin de la nuit dernière et au cours de la journée, coups de main et embuscades en divers points du front.

Assez vif engagement vers la lisière sud-est de la forêt du Warndt où l'un de nos postes, attaqué par l'ennemi, a été dégagé par une contre-attaque immédiate.

 Communiqué du 25 octobre. Matin. Nuit calme dans l'ensemble.

Activité de patrouilles et d'artillerie dans la région à l'ouest de la Sarre.

Communiqué du 25 octobre. Soir. Nos éléments de reconnaissance et ceux de l'ennemi ont montré une certaine activité au cours de la journée.

Nous avons repoussé un détachement allemand dans la région voisine de la Moselle.

 Communiqué du 26 octobre. Matin. Nuit calme dans l'ensemble. Mauvais temps.

Communiqué du 26 octobre. Soir. Rencontre d'éléments de contact et actions réciproques d'artillerie en divers points du front.

 Communiqué du 27 octobre. Matin. Au cours de la nuit, activité locale des éléments de reconnaissance.

Communiqué du 27 octobre. Soir. Activité accrue des éléments au contact ainsi que des deux artilleries.

Communiqué de l'Amirauté Britannique. L'Amirauté a annoncé cette nuit que l'épave d'un sous-marin allemand a été découverte hier sur les sables des Goodwing, près de la rade des Dunes. […] Soixante cadavres ont été trouvés à l'intérieur du sous-marin et transportés à Douvres. [5]

 Communiqué du 28 octobre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Communiqué du 28 octobre. Soir. Rencontres de détachements de reconnaissance en divers points du front.

Sur mer, nos patrouilleurs ont recueilli des corps d'officiers et de marins allemands appartenant à un sous-marin coulé.

Communiqué du 29 octobre. Matin. Activité très réduite au cours de la nuit.

Communiqué du 29 octobre. Soir. Journée calme dans l'ensemble.

 Communiqué du 30 octobre. Matin. Nuit calme. Nous avons repoussé quelques coups de main ennemis.

Communiqué du 30 octobre. Soir. Activité des éléments de contact sur l'ensemble du front.

Actions locales d'artillerie.

Travail intense des aviations de reconnaissance et de chasse.

Dans les deux premiers mois de guerre, six bâtiments français, totalisant 41.000 tonnes, ont été perdus.

Dans le même temps, nous avons capturé quatre bâtiments dont un, le cargo allemand "Halle", s'est fait couler. Les trois autres totalisant 19.000 tonnes, sont utilisés par nous.

Depuis le début des hostilités, notre flotte marchande a donc subi une diminution de 22.000 tonnes, soit 1% du tonnage total français ayant effectivement navigué.

 Communiqué du 31 octobre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Communiqué du 31 octobre. Soir. Entre Moselle et Sarre, activité marquée : coups de main, embuscades et patrouilles.

Au cours des nombreux vols qui ont été effectués dans la journée du 30 octobre, un avion bimoteur de reconnaissance allemand a été abattu dans nos lignes ; deux avions d'observation ennemis sont tombés désemparés dans les lignes allemandes sur le front de la Sarre. Tous les avions français sont bien rentrés à leur base.



[1]  Le submersible allemand U40 coule après avoir heurté une mine près de Dover 3 survivants). Le U42 est envoyé par le fond au sud-ouest de l’Irlande par les destroyers HMS Imogen et HMS Ilex (20 survivants). Pas trace du 3e sous-marin mentionné.

[2] Apach, juste à la frontière France-Allemagne-Luxembourg.

[3] "Attaque allemande sur environ 7 kilomètres de front à l'est de la Moselle. L'avance allemande aurait été stoppée par les Français. Plus tard dans la journée, les troupes allemandes attaquent sur environ 32 kilomètres de front à l'est de la Sarre. Suivant le plan prévu, les troupes françaises se retirent alors de la Sarre. En 48 heures, les Français sont repoussés sur leurs positions du mois de septembre. Les pertes sont peu élevées des deux côtés, bien que les Alliés déclarent que les pertes allemandes s'élèvent à 5 000 soldats à la suite de l'opération."

[4] Il y avait 57 U-boots prêts à prendre la mer au début de la guerre, en septembre 1939. A la fin de l'année, 9 avaient été coulés. 

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16 novembre 2017

Communiqués de guerre. Septembre 1939

COMMUNIQUÉS DE GUERRE, publiés par Le Figaro

(http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4103381.item).

La date est celle du journal pour les premiers communiqués.

Les communiqués sont toujours accompagnés d'un article intitulé "Notes sur les opérations", donnant beaucoup plus de précisions.

 

Communiqué n°1. Journal du 5 septembre 1939. Les opérations ont commencé en ce qui concerne l'ensemble des forces terrestres, maritimes et aériennes.

Communiqué n°2. Journal du 5 septembre 1939 soir. Les contacts sont progressivement pris sur le terrain. Les forces navales se sont rendues aux postes qui leur avaient été assignés. Les forces aériennes procèdent aux reconnaissances nécessaires.

 

Communiqué n°3. Journal du 6 septembre 1939. Les mouvements se déroulent normalement pour l'ensemble des forces terrestres, maritimes et aériennes.

Communiqué n°4. Journal du 6 septembre 1939 soir. Nos troupes sont partout au contact, au débouché de notre frontière, entre Rhin et Moselle. Il y a lieu de rappeler que sur le Rhin, les ouvrages de fortifications permanentes bordent la rive de part et d'autre. [Nos lecteurs, en se reportant à la carte, fixeront aisément la ligne "entre Rhin et Moselle" qui va de Strasbourg à Metz et à Thionville avec les petites villes-frontière de Lauterburg (face à Karlsruhe), Wissembourg, Bitche, Rosbach, Sarreguemines, Forbach, Bouzonville et Stierck.]

 

Communiqué n°5. Journal du 7 septembre 1939. Quelques avances locales ont été réalisées hier soir et au cours de la nuit.

Communiqué n°6. Journal du 7 septembre 1939 soir. Nos premiers éléments, progressant au-delà de la frontière, avec une avance variable selon les diverses parties du front, se heurtent partout à des armes automatiques et à des organisations de campagne.

Activité de notre aviation, en liaison avec les actions terrestres.

Les mouvements prévus pour la mobilisation, le transport et l'installation de toutes les unités se poursuivent normalement.

Aux divers échelons, les cadres, conformément à nos traditions, veillent à faciliter dans toute la mesure du possible la vie matérielle des troupes dont le moral est excellent.

Le ravitaillement aux armées fonctionne d'une manière correcte.

 

Communiqué n°7. Journal du 8 septembre 1939. Sur le front, activité marquée de part et d'autre.

Communiqué n°8. Journal du 8 septembre 1939. Sur le front, entre Rhin et Moselle, l'ennemi se renforce devant nous. On y signale l'arrivée de forces nouvelles venant de l'intérieur de l'Allemagne.

Communiqué britannique. Aucune opération navale d'importance n'est à signaler. Les attaques contre les sous-marins allemands continuent. Dans un cas au moins, il y a eu succès probable. Les attaques sous-marines allemandes contre la navigation continuent et l'on signale la perte du Bosnis (2401 tonnes) et du Royal-Sceptre (4853 tonnes).

Le Corinthia a été attaqué mais n'a pas été endommagé et a rejoint son port.

On annonce que 27 bateaux marchands allemands totalisant 119000 tonnes se sont réfugiés dans le port espagnol de Vigo.

 

Communiqué n°9. Journal du 9 septembre 1939. Nous avons pu réaliser des progressions locales d'importance variable, améliorant sensiblement sur certains points les conditions de notre avance.

Communiqué n°10. Journal du 9 septembre 1939. Continuation de nos progressions locales.

Sur les points où l'ennemi recule, il fait jouer des destructions d'ouvrages d'art et nous rencontrons des champs de mines.

Activité de nos reconnaissances aériennes.

Sur mer, nos forces de patrouille manifestent une très grande activité.

La coopération avec les forces navales britanniques est étroitement assurée en vue de la défense des communications maritimes.

 

Communiqué du 9 septembre 1939. Matin. Sur le plan terrestre, au cours de la nuit, activité de nos premiers éléments.

La grande forêt de la Warndt, à l'ouest de Forbach, est en majeure partie entre nos mains. Elle a été trouvée remplie de destructions et de pièges de toutes sortes.

Activité de nos aviations en concordance avec les actions terrestres.

Communiqué du 9 septembre. Soir. L'ennemi résiste sur l'ensemble du front. On signale diverses contre-attaques locales de sa part. Une brillante attaque d'une de nos divisions nous a assuré la possession d'un important mouvement de terrain.

Réaction de l'artillerie ennemie.

Au cours de la journée, nos reconnaissances aériennes se sont poursuivies malgré l'intervention de l'aviation de chasse ennemie.

 

Communiqué du 10 septembre. Matin. Les Allemands ont exécuté hier des contre-attaques en de nombreux points de notre front.

Au cours de la nuit, situation sans changement.

Activité normale des reconnaissances aériennes.

Communiqué du 10 septembre. Soir. Sur le front une série d'actions méthodiques a permis des avances entre la Sarre et les Vosges. L'ennemi a déclenché un mouvement offensif immédiatement à l'est de la Moselle, dans une région au nord de Sierck.

Des barrages de mines ont été mouillés par les forces navales franco-anglaises dans certaines zones de la Manche et de la mer du Nord.

Nos reconnaissances aériennes se sont poursuivies au cours de la journée.

 

Communiqué du 11 septembre. Matin. Nuit calme dans l'ensemble.

Une avance locale a pu être réalisée par nos troupes.

Communiqué du 11 septembre. Soir. Malgré la résistance ennemie, nos attaques ont continué à réaliser de sérieux progrès sur un front de vingt kilomètres environ, à l'est de la Sarre.

 

Communiqué du 12 septembre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Communiqué du 12 septembre. Soir. Continuation des progrès sur le même front qu'hier. Forte réaction de l'ennemi, notamment de son artillerie.

 

Communiqué du 13 septembre. Matin. Continuation de la réaction de l'artillerie ennemie au cours de la nuit.

Pendant la journée d'hier, les aviations ont déployé, de part et d'autre, une grande activité.

Communiqué du 13 septembre. Soir. Nos troupes ont amélioré l'ensemble des positions enlevées au cours des journées précédentes.

Nos forces navales réagissent vigoureusement contre les sous-marins ennemis.

Activité réduite de l'aviation en raison du mauvais temps.

 

Communiqué du 14 septembre. Matin. Forte action de l'artillerie lourde ennemie sur les hauteurs au sud de Sarrebruck.

Communiqué du 14 septembre. Soir. Progressions locales au cours desquelles nous avons fait des prisonniers.

 

Communiqué du 15 septembre. Matin. Les opérations de ces dernières journées nous ont permis de nous assurer, dans la région au nord-est de Sierck, la possession du terrain disputé depuis le mouvement offensif allemand, signalé par le communiqué du 10 septembre. Nous avons, en outre, progressé au-delà.

Pendant la nuit, amélioration locale de notre première ligne, malgré les vives réactions de l'ennemi, notamment de son artillerie.

Communiqué du 15 septembre. Soir. Nous avons consolidé les positions conquises au cours des journées précédentes et repoussé une contre-attaque en infligeant des pertes à l'ennemi.

Forte réaction de l'artillerie ennemie et de son aviation sur une partie du front.

Notre aviation de chasse a repoussé les avions ennemis, prononçant une attaque à basse altitude sur nos premières lignes.

Communiqué de l'Amirauté britannique. Les contre-torpilleurs, les navires patrouilleurs et l'aviation de Sa Majesté ont constamment patrouillé de vastes zones à la recherche de sous-marins ennemis.

De nombreuses attaques ont été faites et un certain nombre de submersibles ont été détruits.

Lorsqu'il a été possible, les survivants ont été sauvés et faits prisonniers.

 

Communiqué du 16 septembre. Matin. Nuit agitée sur de nombreuses parties du front.

Très forte action de l'artillerie ennemie dans la région au sud de Sarrebruck.

Quelques progrès ont été réalisés par nos troupes à l'est de la Moselle.

Une forte contre-attaque ennemie, avec préparation d'artillerie, a été repoussée dans la région avoisinant la vallée inférieure de la Nied.

Communiqué du 16 septembre. Soir. Grosse activité des deux artilleries et des éléments de contact sur l'ensemble du front.

L'ennemi ne cesse de se renforcer devant nous. Sur plusieurs points, il a abandonné et détruit certains de ses villages en se repliant.

 

Communiqué du 17 septembre. Matin. En fin de journée d'hier, attaques ennemies sur deux points de notre front, l'un à l'est de la vallée de la Moselle, l'autre vers le centre du front, entre Sarre et Vosges. Ces attaques ont été repoussées.

Les derniers renseignements confirment l'arrivée sur notre front, signalée depuis quelques jours, de forces allemandes revenant de Pologne (avions et grandes unités).

Communiqué du 17 septembre. Soir. Rien d'important à signaler.

Activité aérienne réduite en raison des circonstances atmosphériques.

 

Communiqué du 18 septembre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front. Activité locale des éléments de contact.

Communiqué du 18 septembre. Soir. Activité d'artillerie sur divers points du front, en particulier dans la région au sud de Sarrebruck.

Un sous-marin ennemi a été attaqué avec succès par nos forces maritimes.

 

Communiqué du 19 septembre. Matin. Attaque partielle de l'ennemi au cours de la nuit, dans la région à l'est de la Sarre. Cette attaque a été repoussée.

Communiqué du 19 septembre. Soir. Une attaque locale ennemie dans la région à l'est de la Blies. Activité de l'aviation ennemie dans la même région.

 

Communiqué du 20 septembre. Matin. Nuit calme sur l'ensemble du front.

Activité de l'artillerie ennemie dans la région à l'est de la Blies.

Communiqué du 20 septembre. Soir. Activité de l'artillerie ennemie sur divers points du front.

Les aviations de chasse française et allemande se sont livré plusieurs combats.

Un avion ennemi a été abattu dans nos lignes.

 

Communiqué du 21 septembre. Matin. Activité locale des éléments au contact et actions d'artillerie de part et d'autre.

Communiqué du 21 septembre. Soir. Journée calme dans l'ensemble.

Activité de l'artillerie ennemie au sud de Sarrebruck.

Nos missions de reconnaissance aérienne ont été effectuées malgré le mauvais temps et les tirs de l'ennemi.

 

Communiqué du 22 septembre. Matin. Activité de nos éléments en contact dans les régions au sud de Sarrebruck et à l'est de la Blies.

Action d'artillerie de part et d'autre de l'ensemble du front.

Communiqué du 22 septembre. Soir. Journée calme sur l'ensemble du front.

Nos forces maritimes continuent à assurer efficacement la protection de nos convois et à pourchasser les sous-marins ennemis.

Communiqué du Ministère britannique. Au cours d'opérations aériennes, mercredi dernier, un avion de combat allemand a été abattu en France par notre aviation.

 

Communiqué du 23 septembre. Matin. Vers la fin de l'après-midi d'hier, plusieurs tentatives de l'ennemi sur les positions que nous avons conquises à l'est de la Sarre ont été repoussées.

Dans la nuit, grande activité sur le front, particulièrement entre la Sarre et la région au sud-est de Deux-Ponts et sur la Lauter.

Communiqué du 23 septembre. Soir. Activité locale des artilleries et des éléments en contact.

 

Communiqué du 24 septembre. Matin. De nombreuses attaques locales de l'ennemi sur nos positions avancées dans la région de la Sarre et au nord de Wissembourg ont été repoussées au cours de la nuit.

Communiqué du 24 septembre. Soir. Activité locale de nos reconnaissances sur plusieurs parties du front. Réactions de l'artillerie ennemie, particulièrement vive dans la région de Deux-Ponts.

Plusieurs combats aériens ont été livrés avec succès par notre aviation de chasse pour protéger nos missions de reconnaissance.

 

Communiqué du 25 septembre. Matin. Amélioration locale de nos positions.

Activité de l'artillerie ennemie dans la région au sud-est de Deux-Ponts.

Communiqué du 25 septembre. Soir. Activité de nos éléments avancés d'infanterie à l'est de la Sarre. Forte action de l'artillerie ennemie dans la même région.

Au cours des combats aériens qui ont été livrés sur le front, dans la journée du 24, nos patrouilles ont été aux prises, par deux fois, avec des forces aériennes ennemies qui se trouvaient supérieures en nombre. Plusieurs avions de chasse allemands ont été abattus, dont deux sont tombés sur notre territoire.

 

Communiqué du 26 septembre. Matin. Persistance de l'activité de l'artillerie ennemie au sud-est de Deux-Ponts.

Au cours de la journée du 25, plusieurs combats ont opposé notre aviation de chasse à l'aviation de chasse allemande.

Communiqué du 26 septembre. Soir. Activité de l'artillerie ennemie dans la région au sud-est de Deux-Ponts et au sud de Pirmasens.

Au l'aube, un coup de main a été repoussé sur le front de la Lauter.

 

Communiqué du 27 septembre. Matin. Nuit calme. Tirs de l'artillerie ennemie sur l'arrière de nos lignes, dans la région de Wissembourg.

Communiqué du 27 septembre. Soir. Journée marquée par l'activité de nos détachements de reconnaissance.

 

Communiqué du 28 septembre. Matin. Nuit calme dans l'ensemble. Une attaque ennemie à l'ouest de Sarrebruck a échoué.

Sur mer, la navigation commerciale a repris un rythme régulier, grâce à l'organisation des convois et des patrouilles aéronavales.

Dans l'après-midi du 27, notre aviation et l'aviation britannique, opérant en liaison, ont abattu plusieurs avions de chasse ennemis.

Activité de notre aviation de reconnaissance pendant la nuit.

Communiqué du 28 septembre. Soir. Una attaque locale de nos troupes, dans la région immédiatement à l'est de la Moselle, s'est déroulée favorablement. Nous avons fait des prisonniers.

 

Communiqué du 29 septembre. Matin. Matin. Nuit calme dans l'ensemble.

Activité de nos éléments au contact, notamment dans la région de Sarrebruck.

Communiqué du 29 septembre. Soir. Tirs de l'artillerie ennemie dans la région à l'est de la Sarre, notamment au sud-est de Deux-Ponts et de Pirmasens.

Activité des avions de reconnaissance de part et d'autre.

Communiqué britannique. Des avions de la Royal Air Force ont attaqué des navires de la flotte allemande près d'Heligoland.

En dépit d'une violente canonnade anti-aérienne, les attaques ont pu être répétées par les avions britanniques volant assez bas.

Quelques-uns des avions de la Royal Air Force ne sont pas encore retournés à leur base.

 

Communiqué du 30 septembre. Nuit sans incident.

Activité des patrouilles dans toute la région à l'est de la Sarre.

Communiqué du 30 septembre. Soir. Action de l'artillerie ennemie dans la région immédiatement à l'est de la Moselle. Tirs de représailles de notre part.

Grande activité de l'aviation de part et d'autre.

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17 septembre 2017

Les Merlinettes

Lors du débarquement du 8 novembre 1942, les effectifs français sont limités. Il devient nécessaire d'envisager l'incorporation de femmes volontaires dans les services auxiliaires de l'armée.

De grandes affiches vont être placardées dans les rues du Maroc et de l'Algérie, puis à Tunis après la libération de l'occupation allemande. Ces affiches représentaient une jeune fille blonde et une jeune fille brune, militaire, avec la légende : "Jeunes filles, engagez-vous, votre place dans les bureaux permettra à un homme de prendre les armes pour reformer notre armée".

L'afflux de ces volontaires fut considérable. Triées et choisies avec le plus grand soin, aussi bien pour leurs compétences que pour leurs qualités morales, les femmes du corps expéditionnaire français, depuis le premier jour jusqu'à la fin de la campagne d'Italie ont fait preuve d'une tenue magnifique.

Poussées par la même flamme que les hommes, par le même idéal patriotique, augmenté d'être en terre étrangère, loin de la France occupée, ces Françaises se sont engagées volontaires pour la durée de la guerre. Certaines n'avaient pas 18 ans mais la classe 45 était la première admise au recrutement. Nous allions vivre confondues dans le meilleur esprit de camaraderie, appartenant à toutes les classes de la société, jeunes filles du peuple ou portant les plus grands noms de l'armorial.

Officiers et soldats du C.E.F., moqueurs et sceptiques au début de la campagne, se sont bientôt inclinés avec respect devant ces camarades "au féminin".

Rien ne nous obligeait à quitter notre famille. Nous aurions pu rester tranquillement à regarder de loin les événements se dérouler. Les combattants hommes mobilisés en Afrique et rejoints par tous ceux qui avaient répondu à l'appel du général de Gaulle feraient leur devoir. Mais voilà, pour la première fois dans l'histoire, la patrie faisait appel à ses filles. Pouvait-on rester insensible ? La Lorraine que j'étais ne pouvait répondre que "présente".

En accord avec le général de Gaulle, le général Merlin avait créé à Alger, dès février 1943, le corps féminin des transmissions. Le surnom de "Merlinettes" était lancé. Ces jeunes filles, engagées volontaires pour la durée de la guerre, allaient faire partie du corps expéditionnaire français en Italie en qualité de simples soldats. Les jeunes femmes déjà incorporées, qui venaient du Maroc ou d'Algérie, après une visite médicale très sérieuse et des tests d'aptitude préalables à la formation d'opératrices des transmissions, faisaient leur instruction à Hydra (Alger).

Engagées sitôt la libération de Tunis par les Alliés en mai 1943, nous étions internes au lycée Armand Fallières, à Tunis, sous le commandement du capitaine Delorme (père blanc de Carthage), aumônier général de toutes les troupes d'Afrique du Nord, particulièrement sévère sur la bonne moralité de ses "ouailles". "Vous oubliez votre condition féminine, vous devenez des soldats", dira-t-il dès le début. La mutation dans la peau d'un garçon ne se fera pas sans mal, l'égalité des sexes n'avait pas encore vu le jour. Finis la coquetterie, le maquillage, etc.

Déclarées "bonnes pour le service", nous étions strictement soldats de deuxième classe, classe 45, incorporées au 44e bataillon de transmissions de Tunis.

Tous les matins durant quatre mois, nous allions suivre des cours des trois disciplines des transmissions : radio, télétypiste, standardiste… Nos instructeurs du génie nous formaient avec patience et compétence. Ils nous apprirent même les installations des postes de communication. Nous montions dans les arbres (faute de pylônes) pour tirer les lignes aériennes. Les épissures devaient être parfaites.

Nous étions de véritables petits sapeurs. Rapidité et dextérité seraient primordiales dans la fonction qui allait être la nôtre : transmettre principalement les messages codés.

Les après-midi étaient réservés aux exercices physiques... tous les entraînements destinés aux "bleus" nous étaient imposés... l'enseignement militaire nous était dispensé avec vigueur. Nous avons été habillées en civil jusqu'au jour où un tailleur militaire vint prendre nos mesures pour confectionner nos uniformes de "soldats". Il coupait des jupes pour la première fois dans l'armée... Notre première permission chez nos parents en tenue fut aussi celle de l'au revoir. "Faites en sorte de faire respecter l'uniforme que vous portez", avait ajouté le Père Delorme.

Après cinq mois, fin prêtes en technique, théorie et pratique, nous allions quitter Tunis pour Alger, mutées au 45e bataillon de transmissions, en vue de regrouper toutes celles qui partiraient au C.E.F.

Le rassemblement sous les tentes installées à Hydra, sur les hauteurs d'Alger, nous fit découvrir cet amalgame de tous les services du C.E.F. réunis dans un même esprit, un même idéal. Nous n'allions pas être les combattantes de première ligne, mais nous porterions sur notre cœur le même insigne en cuivre, le coq gaulois qui se dressait sur ses ergots. Nous allions représenter un seul et unique soldat, le soldat de l'Armée Française d'Italie de 1944.

A Hydra, l'entraînement physique sera intensif. Nous embarquerons sur un transport de troupes anglais. Dorénavant, nous appartenons à la compagnie 807 des transmissions du C.E.F.I.

Après la campagne d'Italie, ce fut l'épopée de la Première Armée Française et le général d'armée Jean de Lattre de Tassigny pouvait écrire :

"Les volontaires féminines de la Première Armée, quelle que fût leur tâche, obscure ou exaltante, ont fait preuve d'un dévouement souriant, d'un zèle sans défaillance, certaines d'un héroïsme magnifique. Elles peuvent être fières de la part qu'elles ont prise à notre victoire. Que demain sous l'uniforme encore ou de retour dans leurs foyers elles restent intimement fidèles à l'esprit de l'armée "Rhin et Danube". Ainsi continueront-elles à bien servir la France. 

http://babelouedstory.com/thema_les/debarquement_provence/9505/9505.html

Hiver 1942 en Afrique du Nord. Le général Lucien Merlin commande les transmissions des trois armées. C'est à son initiative qu'une campagne de recrutement atypique est lancée par voie d'affichage. A travers la Tunisie, l'Algérie et le Maroc, des visages féminins et slogans accrocheurs recouvrent les murs des villes et des villages : "Pour libérer la France. Françaises, venez au Corps Féminin des Transmissions" ou "Françaises, engagez-vous dans les Transmissions". Le but de l'opération : inciter les femmes à venir gonfler les rangs du Corps féminin des transmissions (CFT). Les volontaires engagées au sein de ce corps auxiliaire sont bientôt surnommées "Les Merlinettes", renvoyant au patronyme de leur créateur.

 1 275 opératrices

Une incorporation devenue nécessaire, explique l'historien Luc Capdevila, spécialiste de la guerre et du genre en France : "Le recrutement des femmes dans les armées intervient à une période de pénurie drastique du point de vue des ressources humaines. Les femmes sont donc recrutées pour soulager les hommes d'autres tâches : combats et gros-œuvre, c'est-à-dire travaux liés à la logistique et aux infrastructures." Ainsi, les Merlinettes assurent les transmissions de données en occupant les postes d'électriciennes, téléphonistes, opératrices radio, standardistes, baudotistes ou encore télétypes. 1 275, c'est l'effectif initial du CFT, réparti au sein des trois armées (Terre, Air et Marine). Le CFT a une particularité, souligne le chercheur : "C'est la première fois qu'un corps spécifique de femmes soldats sans missions qui relèvent d'un corps traditionnel est créé." Auparavant, les femmes œuvraient surtout dans le domaine sanitaire, en tant qu’ambulancières, infirmières ou secrétaires. Autre spécificité de ce corps selon Luc Capdevila, "c'est qu'il existe en son sein, des commandements intermédiaires dirigés par une femme et un homme, tandis que le reste de la hiérarchie est exclusivement masculine", ajoute-t-il.

Le CFT et la féminisation des rangs

"Il fallait deux femmes pour remplacer un homme." C'est lors de ses recherches sur le rôle des femmes dans l'armée que le chercheur tombe sur cette citation inscrite dans une note de l'armée de l'Air. Des mots issus de la plume d'un phallocrate ? Pas si sûr selon l'historien : "Ces quelques mots sont le reflet de la mentalité de l'époque." Ce slogan qui apparaît sur les affiches marouflées en Afrique du Nord confirme la tendance : "Jeunes filles, engagez-vous, votre place dans les bureaux permettra à un homme de prendre les armes pour reformer notre armée". Quoiqu'il en soit, en avril 1944, on dénombre 1 095 Merlinettes, dont 37 officiers et 121 sous-officiers. 377 participent à la campagne d'Italie et font partie intégrante du corps expéditionnaire français du général Juin. 150 opératrices prennent part à la campagne de Tunisie. Lors du débarquement de Provence et de l'opération Anvil Dragoon, elles suivent les forces françaises de Libération.

In fine, le Corps féminin des transmissions illustre l'engagement spontané des femmes dans l'Armée française de Libération. Avec le Service de santé des armées, l'arme des transmissions est la première armée à féminiser les rangs. Luc Capdevila décrit "une rupture dans la représentation de la femme patriote" et "un processus d'émancipation féminine comme gage de citoyenneté".

Sources :

http://www.fondationmarechaldelattre.fr/images/texte/DP13.pdf

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Le Réseau Maurice

Dès 1940, certains militaires de carrière, démobilisés par l’armistice du 22 juin 1940, rejoignent les forces alliées en Angleterre ou en Afrique du nord. Leur premier souci est de constituer un réseau de passage de la frontière pyrénéenne. Dans ce but, ils prennent contact avec des officiers spécialistes du renseignement ou avec les agents du B.C.R.A. et se structurent peu à peu. Le réseau Maurice est parfaitement représentatif de cette démarche.

Le réseau réunit, dans un premier temps, quelques cadres des services de renseignement français, comme les capitaines Paillole et Pivet, ou le général Maurice Mollard (auquel on rend hommage après son arrestation en 1943 en baptisant ce réseau anonyme de son prénom), ainsi qu’un important contingent de cavaliers en activité ou réservistes. Puis, il s’ouvre à d’autres catégories de militaires.

Le réseau attire immédiatement l’attention des alliés, d’abord, en raison de son efficacité, ensuite, parce qu’il procède lui-même à la sélection des candidats, tous militaires professionnels. Il bénéficie ainsi d’aides financières et matérielles importantes, de la part de Londres. Durant ses premiers mois d’activité, en 1942, il utilise surtout des filières qui traversent la Catalogne, puis, il développe sa trame sur toute la longueur de la frontière, principalement en Ariège et dans les Basses-Pyrénées. Il est alors un des principaux réseaux de passage de l’ORA.

Les principales voies de l’antenne basco-béarnaise, sont placées sous les ordres du commandant (puis colonel) Pouey-Sanchou et du commandant Fatigue. Elles passent par Oloron, les vallées d’Aspe et d’Ossau, Tardets et la forêt d’Iraty. D’excellents résultats y sont enregistrés, avec plusieurs centaines de passages d’agents de renseignements des services secrets alliés.

La ligne d’Arudy est particulièrement sollicitée en 1943, lorsque le commandant Conze, responsable tarbais, décide d’y faire converger les militaires originaires de la région de Toulouse. Les candidats sont rassemblés à l’Hôtel des Sports, avant d’être conduits à la frontière par la vallée d’Ossau.

Cependant, malgré les précautions, plusieurs convois sont victimes d’arrestations et de trahisons. C’est notamment le cas sur la ligne Navarrenx-Tardets-Licq-Arette, au printemps 1943, puis surtout en juillet, avec le retournement d’un passeur, D.E., ouvrier espagnol travaillant dans les chantiers d’altitude. Sa trahison provoque, non seulement, l’arrestation de deux convois d’évadés et leur déportation, mais aussi, la neutralisation d’une partie du réseau, en France comme en Espagne. Après ce retentissant échec, les cadres du réseau imposent une nouvelle mesure de sécurité, l’authentification par un demi-billet de cinq francs, déchiré à Toulouse par le chef de convoi, remis par l’évadé au passeur lors de son arrivée en Espagne et restitué enfin au chef de convoi, qui possède l’autre moitié, afin de justifier la réussite de l’opération (donc le salaire à recevoir).

                        Claude Laharie

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Claude Monbeig; le métier d'exportateur

Au cours de ce quart de siècle de vie professionnelle civile, j'ai vécu les prodigieuses mutations de l'informatique, rendues possibles par des bonds technologiques qui sont loin d'être achevés. Il m'a fallu suivre, au moins pour pouvoir parler convenablement des matériels et des systèmes que j'avais à vendre.

J'ai consacré plus de la moitié de ces années à l'exportation et, pour parachever la formation que donnent les Ecoles de Commerce, je voudrais ajouter quelques remarques à ce sujet.

 

  • L'exportation est un métier de professionnel qu'on ne peut pas faire à moitié, ni à mi-temps.
  • Il faut pouvoir s'appuyer sur une cellule familiale solide capable de supporter les nombreuses absences.
  • Il faut une santé à toute épreuve car les décalages horaires et les changements de climats sont éprouvants, sans oublier que le rythme du travail sur place est souvent en dents de scie.
  • Il faut avoir des nerfs solides et beaucoup de calme, pour ne pas s'emballer ni se désespérer trop vite.
  • Il faut savoir prendre des initiatives, rendre compte à bon escient mais ne pas abuser du "parapluie" hiérarchique.
  • Il faut garder une large curiosité intellectuelle toujours en éveil, prendre la peine de connaître un minimum de l'histoire et de la situation du pays où l'on se rend et se ménager un peu de temps pour faire du tourisme intelligent (musées, monuments…). On a ainsi des sujets de conversation qui prouvent au prospect que l'on ne s'intéresse pas qu'à son argent !
  • Il faut être d'une loyauté à toute épreuve envers son patron.

 

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