A Belfort, le peloton préparatoire regroupe une cinquantaine de sous-officiers et d'hommes de troupe provenant de toutes les unités de transmission de la 1ère Armée ; j'y retrouve plusieurs camarades de ma Compagnie, arrivés depuis quelques jours. Notre patron paraît strict mais agréable : c'est le Lieutenant Nonnenmacher, officier d'active qui vient de l'un de nos Corps d'Armée. Je devais le retrouver quelques années après en Indochine, il a terminé sa carrière comme général.

Bien entendu, nous ne restons pas à Belfort et faisons mouvement au bout de deux ou trois jours sur Montargis, ville dont la plupart d'entre nous n'ont jamais entendu parler. Avant de partir, je rends visite au Centre de Transmissions, où j'ai des copains ; en prévision des cours que je vais suivre, je m'y munis d'un gros rouleau de papier télétype. Sage précaution !

Le déplacement se fait par le train et notre détachement a droit à un wagon de 3e classe, qui va mettre près de trois jours pour rallier Montargis[1] en passant notamment par Dijon et Sens. L'arrêt à Sens étant assez long, nous en profitons pour visiter la cathédrale sous la conduite de l'un d'entre nous, qui est séminariste dans le civil ; il ne nous épargne rien, nous faisant même monter en haut de la tour.

Et nous arrivons un beau matin en gare de Montargis, où notre wagon stationne un bon moment sur une voie de garage avant que l'on daigne s'occuper de nous.

 Pourquoi Montargis ?

Après la Libération la toute nouvelle Direction des Transmissions chercha un toit pour ses activités d'instruction et elle ne trouva, semble-t-il, que la Caserne Gudin[2], à Montargis, qui avait abrité avant la guerre un bataillon de sapeurs-télégraphistes. Elle n'était que modérément délabrée et ses ex-chambrées pouvaient, sans trop de frais, être transformées en salles de cours et locaux techniques.

Les Allemands avaient occupé la caserne pendant quatre ans et y avaient apporté d'utiles et nécessaires améliorations dictées par leur souci de l'hygiène. Ainsi le bâtiment central avait-il été doté de toilettes intérieures, qui suppléaient les "commodités" extérieures traditionnelles des vieilles casernes françaises.

D'améliorations en modernisations successives, l'E.M.A.T. devenue l'E.A.T.[3] devait instruire des générations de transmetteurs jusqu'à son transfert à Rennes en 1995. Il va sans dire qu'en mars 1945, ces belles réalisations n'étaient même pas à l'état de projet.

 Nos paquetages chargés sur le camion qui nous a enfin été envoyé, nous rejoignons la caserne. Mais la 1ère Armée doit "avoir de la gueule" et c'est une section en armes et en, tenue impeccable qui va parcourir au pas cadencé les 3 kilomètres qui séparent la gare de la caserne, en chantant, bien entendu le Chant des Africains[4].

 [Paroles intégrales :

 Nous étions au fond de l'Afrique,

Gardiens jaloux de nos couleurs,

Quand sous un soleil magnifique

A retenti ce cri vainqueur :

En avant ! En avant ! En avant !

Refrain

C'est nous les Africains

Qui revenons de loin,

Nous venons des colonies

Pour sauver la Patrie (pour défendre le pays)

Nous avons tout quitté

Parents, gourbis, foyers

Et nous gardons au cœur

Une invincible ardeur

Car nous voulons porter haut et fier

Le beau drapeau de notre France entière

Et si quelqu'un venait à y toucher,

Nous serions là pour mourir à ses pieds

Battez tambours, à nos amours,

Pour le Pays, pour la Patrie, mourir au loin

C'est nous les Africains !

II

Pour le salut de notre Empire,

Nous combattons tous les vautours,

La faim, la mort nous font sourire

Quand nous luttons pour nos amours,

En avant ! En avant ! En avant !

Refrain

III

De tous les horizons de France,

Groupés sur le sol Africain,

Nous venons pour la délivrance

Qui par nous se fera demain.

En avant ! En avant ! En avant !

Refrain

IV

Et lorsque finira la guerre,

Nous reviendrons dans nos gourbis,

Le cœur joyeux et l'âme fière

D'avoir libéré le Pays

En criant, en chantant : en avant !

Refrain]

 Le stage, dont la durée ne nous est pas précisée, a pour but de sélectionner les gens qui vont être admis à Cherchell pour y acquérir leur galon d'officier, d'active ou de réserve, selon les cas. Il regroupe, en plus de notre section, des transmetteurs d'origines diverses venant de tous les coins de France, et notamment des unités FFI. Il en résulte une grande diversité dans les tenues mais les participants sont en général bien "motivés".

En bavardant avec les camarades de la Compagnie (la 807/1), j'éclaircis le mystère de mon départ express de Guebwiller : c'était en fait un rattrapage, comme je devais l'écrire à mes parents :

"Je sais maintenant à la suite de quels phénomènes j'ai été envoyé en stage. Parmi les types de la Compagnie ayant fait une demande se trouvait un jeune cousin du Colonel Charles (du Centre de Transmissions de la 1ère Armée). Celui-ci força la main au Capitaine, qui ne voulait pas lâcher ses radios, et nous avons été plusieurs à bénéficier, par contrecoup, de ce pistonnage particulier." Cette intervention s'est conjuguée avec celle du Colonel Pinson (4e Bureau de la 1ère Armée et vieil ami de la famille) à qui Papa avait écrit, sans me le dire, et qui avait transmis le bébé à son successeur, le Colonel Legrand cocon de Papa…

Le cousin du Colonel Charles était le fils d'importants fabricants dijonnais de pain d'épices et il faisait généralement bénéficier ses camarades des colis qu'il recevait, amélioration sensible au régime alimentaire assez spartiate de l'E.M.A.T. Joyeux drille peu porté sur l'effort, il devait échouer à l'examen de sortie.

En janvier 1946, je revins à Montargis, avec mon beau galon tout neuf de sous-lieutenant, pour suivre les cours de la Division d'Application. Le patron du groupe des officiers/élèves n'était autre que le Commandant Wolfer, mon ancien commandant de Compagnie promu Chef de Bataillon. J'allai naturellement me présenter à lui et il me dit sans rire : "Vous voyez que j'ai eu raison de vous envoyer à ce stage !". Je l'en remerciai, sans rire non plus.

 Parmi nos instructeurs se trouve le Lieutenant Renouard, qui était l'adjoint de Papa en 39-40 ; il est réserviste et vient d'être rappelé, ce qui ne l'amuse pas spécialement, mais il fait contre mauvaise fortune bon cœur.

Notre rythme de travail est soutenu : les cours théoriques alternent avec les séances de "bagotage" (l'ordre serré[5]), l'éducation physique, la lecture au son pour ne pas en perdre l'habitude, l'armement, l'étude des matériels et des règlements… Notre instructeur d'électricité est un adjudant de réserve mobilise, qui est professeur de physique au lycée de Clermont-Ferrand dans le civil. Nous n'avons pas le temps de souffler et apprenons par les journaux le déroulement des opérations militaires auxquelles participent nos camarades, et nous pensons bien à eux.

J'apprends que ma Compagnie vient d'avoir la Croix de Guerre avec une belle citation à l'ordre du Corps d'Armée.

 Nous faisons aussi quelques séances de tir grâce à ma fameuse caisse de cartouches, qui acquiert ainsi l'existence officielle Qui lui faisait défaut. Le champ de tir est à 6 km, de l'autre côté de la ville, et nous y allons à pied : ça fait partie de la formation. Pour traverser la ville, nous sommes bien sûr au pas cadencé[6] et nous chantons. Personne ne me dispute le rôle de meneur de chants et je fais alterner chants militaires et d'autres, à la mode à l'époque et qui le sont beaucoup moins, depuis le Chant des Africains à Paquita en passant par Y'a des cailloux sur toutes les routes[7]. La variété de notre répertoire semble parfois étonner la population de cette paisible sous-préfecture.

C'est surtout la section 1ère Armée qui chante car, je l'avoue, nous faisons un peu bande à part et avons une tendance marquée à "rouler les mécaniques" !

 Puisque je ne puis aller à la montagne, c'est la montagne qui vient à moi et, le dernier week-end d'avril, j'ai la joie d'avoir la visite de mes parents. Nous en sommes heureux tous les trois, après cette longue séparation, et cela permet d'attendre une permission qui finira bien par arriver un jour. Mais ce fut, pour venir de Tarbes et y retourner, un bel exploit car les liaisons ferroviaires étaient infiniment longues et compliquées. On a un peu oublié, 50 ans après, dans quel état se trouvait la France en 1945.

 Et arrive le 8 Mai, la Victoire tant attendue et à laquelle nous pensons avoir un peu contribué. C'est la grande joie et nous sommes dûment fêtés lorsque nous défilons en ville, avec le moins de désordre possible, mêlés aux cortèges les plus divers. Je ne pouvais certes pas me douter que dans les rangs de l'un d'eux, celui du collège de jeunes filles, se trouvait ma future épouse, Denise Moreau !

L'Allemagne a capitulé mais la guerre continue dans le Pacifique et nous nous demandons parfois si le galon que nous convoitons n,e va pas nous donner le droit de partir au Japon…

Laissant se dissiper les vapeurs des festivités victorieuses, je bûche ferme en vue de l'examen de sortie. Depuis le début du stage, j'ai appliqué les conseils donnés par Papa dans une lettre du 24 mars 1945 :

"Tu vas certainement passer trois mois agités (je suppose que telle sera la durée des cours), les traditions des écoles militaires n'ont pas dû changer et le meilleur moyen de n'en pas souffrir est d'entrer carrément dans le jeu, avec le désir d'obtenir le classement de sortie le plus avantageux. Ne néglige aucune matière, surtout les plus rebutantes, tel le service en campagne, la manœuvre à pied et l'instruction militaire en général. C'est l'instruction technique qui te plaira le mieux, c'est elle qui compte le moins ; tout le classement se fait sur la note "aptitude au commandement" que te donnera ton instructeur mili ; à toi de lui en foutre plein la vue dès le début. Ne te laisse pas influencer par tes petits camarades, joue ton jeu sans t'occuper d'eux, donne-toi les caractéristiques du "mili fana", c'est le secret de la réussite dans une école mili."

 Entre-temps, nous avons appris que nous n'irions pas à Cherchell mais que les élèves officiers allaient tous se retrouver dans un bled breton au nom imprononçable : on parle de Quéquidant ! Papa, que je consulte, me répond qu'il s'agit sans doute du camp de Coëtquidan, dans lequel il fit des manœuvres dans les années 1927 et dont il conserve un souvenir rustique et humide !

 L'examen de sortie se passe si bien que j'ai la bonne surprise d'être reçu premier. Du coup, je suis illico nommé sergent le 1er juin, mais pour cela, il faut me nommer rétroactivement caporal à dater du 1er décembre 1944. Ce qui est fait et entraîne automatiquement un rappel de solde au taux de la zone des Armées, de quoi arroser dignement mes galons !

 En attendant d'aller en Bretagne, je peux enfin aller passer une dizaine de jours de permission en Bigorre (délais de route non compris, ce qui est prudent). Une loi bien connue fera que Papa devra aller en Espagne à ce moment-là mais je me replonge tout de même avec délectation dans l'ambiance familiale. Maman arrive à assurer le ravitaillement, Jean et surtout Jacques ont bien grandi et je vais à Foix voir Michel qui est à l'Ecole Mongauzy : ce voyage me prend trois jours et il me faut coucher à Toulouse, plus confortablement, toutefois, qu'en septembre 1943. Sur le quai de la gare de Toulouse, je rencontre un excellent camarade EDF, Georges Abadie (dit Jojo, ou Ecureuil Volubile) ; un peu plus jeune que moi, il a pu éviter toute anicroche, a renoncé à l'Agro et fait une Licence de Lettres. Nous ne pouvions alors deviner qu'il deviendrait un haut personnage de l'Etat, membre du Conseil Constitutionnel.

De retour à Montargis et en attendant le départ pour Coët, dont la date n'est pas encore fixée, nous suivons un vague stage de "régulateur", qui ne nous apprend pas grand' chose mais fait passer le temps. Heureusement, je peux aller souvent passer le week-end en région parisienne ; je débarque même un jour chez Fouqu'oncle et Tante Thérèse, ravis, et y couche sur le canapé du salon. Je ne peux pas aller à Montfort parce que c'est trop compliqué ; aussi Papa combine-t-il un déjeuner chez Lipp qui me permet de revoir Grand-père Georges.

 Au début de juillet, nous partons enfin pour Coëtquidan où nous allons constituer la 6ème série de l'Ecole Militaire Interarmes (les précédentes se sont déroulées au Maroc puis à Cherchell). Le train, venant de Paris-Montparnasse, nous débarque en pleine nuit en gare de Rennes et je ne décrirai pas ici l'arrivée sur la lande bretonne des quelque 3000 élèves officiers de toutes Armes, venant de toutes les unités de l'Armée Française en métropole et dans l'Empire. Notre promotion baptisée du nom de "Victoire", a réalisé pour son cinquantenaire un Mémorial auquel je renvoie, notamment pour la description de ce que fut notre vie à l'E.M.I.A., ancêtre de toutes les Ecoles actuelles de Coëtquidan.

Je dirai simplement, pour résumer qu'il y avait là d'anciens candidats à Saint-Cyr appartenant aux trois promotions 1942 (Croix de Provence), 1943 (Veille au Drapeau) et 1944 (Rome et Strasbourg), ainsi que des sous-officiers et hommes de troupe désirant acquérir leur galon d'officier d'active ou de réserve. A l'arrivée, on opérait un vaste brassage mais il n'intervenait toutefois qu'à l'intérieur d'une même Arme ; l'organisation demeurait celle d'une Ecole en temps de guerre et les élèves étaient répartis en compagnies d'infanterie, escadrons blindés (il y avait même un escadron à cheval), batteries d'artillerie et de F.T.A., compagnies du génie, du train et des transmissions. Chacun restait dans son Arme d'origine mais nous portions tous le même calot traditionnel, bleu ciel et rouge.

La diversité des origines des élèves se traduisait par un éventail des âges allant de 18 à 32 ans ; tous venaient de faire la guerre, souvent très brillamment, comme l'illustre le fait que la garde de nos deux drapeaux n'était composée que de médaillés militaires, le porte-drapeau de Saint-Cyr ayant en outre la Légion d'Honneur. Entre l'entrée en juillet 1945 et la sortie en décembre de la même année, il y eut pas mal de "perte en ligne", du fait de radiations, démissions, démobilisations, etc.[8]

 J'eus bientôt à faire un choix délicat. J'avais en effet la possibilité de me faire démobiliser pour pouvoir reprendre mes études au point où je les avais laissées, c'est-à-dire la préparation à l'Agro, avec de sérieuses chances d'être reçu. Ou alors, renonçant à ce projet, je pouvais décider de rester dans l'Armée avec la perspective d'une carrière qui s'annonçait bien et la possibilité d'y faire, dans les Transmissions, un métier dont ce que j'avais vu de me déplaisait pas. Les parents me laissaient totalement libre de mon choix mais Papa attirait toutefois mon attention sur la densité de travail qui m'attendait car une belle carrière dans mon Arme impliquait forcément le passage par Supélec.

Et je savais que la situation professionnelle de Papa amènerait bientôt la famille à se transférer durablement à Madrid.

Le déclic fut provoqué par une lettre du 30 juillet 1945. Après m'avoir mis à l'aise sur la question du financement de mon retour à la vie civile et de la poursuite de mes études, Papa écrivait : "Nous résiderons cette année soit à Montfort, soit à Madrid. Dans les deux cas, ce sera pour toi l'internat, à Hoche ou à Janson."

La cause était entendue, je ne voulais à aucun prix me retrouver aux prises avec la "Strasse[10]" dont rien ne permettait de penser qu'elle fût devenue intelligente !

Je décidai donc de rester militaire et sortis de l'E.M.I.A. fin décembre avec un galon de sous-lieutenant, pour poursuivre une carrière normale dont je ne vais pas infliger le récit.

Il faut tout de même souligner que certaines années furent dures, avec des soldes très modiques et des logements rustiques ; c'était l'époque de la "misère en battle-dress", comme le titrait en 1947 une enquête du Figaro. Nous achetions les boîtes de "singe" de l'Intendance et mangions aussi de la vache enragée. Mais nous étions "fana mili" et dès 1949, nos camarades tombaient en Indochine.

Les épreuves morales ne devaient cependant pas manquer et en novembre 1945, mon grand-père Pourlier (Pépère) m'écrivit des lignes pleines de sagesse sur l'esprit des foules et des individus :

"Certaines appréciations, certains jugements portés par des esprits conscients et organisés sur la carrière que tu as choisie me paraissent avoir provoqué chez toi un compréhensible écœurement. Mon pauvre enfant, tu n'es qu'au début de la vie militaire et, telle une boule de neige, ton expérience enfle petit à petit. Tu recueilles des idées pertinentes sur l'esprit des foules et des individus? Je souhaite de tout cœur que tu n'éprouves pas trop de mélancolie en les enregistrant.

N'oublie jamais que le peuple est souverain, il le sait et veut l'être réellement. C'est donc lui qui veut commander et il regimbe contre toute autorité, fût-elle ministérielle. A l'usine, il défie l'ingénieur ; à l'armée, l'officier et le modeste sous-officier. Imbu des souvenirs enflés de 1792, grisé par les exploits tant vantés des F.F.I., il prétend n'accepter que des soldats héritiers de ceux de l'An II et commandés par des officiers sortis de ses rangs, tels Hoche et Marceau.

Cela n'est pas nouveau : en 1908, le gouverneur militaire de Paris avait dû inviter les officiers à ne revêtir l'uniforme que lorsqu'ils étaient en service commandé[11]. Cette même année, j'accomplissais une période d'instruction à l'hôpital Bégin, à Vincennes. Alors que je déjeunais, en tenue, à la terrasse d'un restaurant, pris à partie par un énergumène, je dus rentrer à l'intérieur.

Et les pouvoirs publics n'ont jamais rien fait pour lutter contre un pareil état d'esprit. Aucune protestation officielle ne s'est élevée, aucune poursuite n'a été intentée contre les ultra-patriotes d'aujourd'hui qui, autrefois, traitaient dans leurs journaux les gradés de g.de v.

Et je pourrais, sur ce même thème, te citer maints exemples. Ne fonde pas trop d'espoir sur l'action du grand Charles. Les élus du peuple le tolèrent à cause de la politique extérieure ; ils l'obligeront à partir lorsqu'ils jugeront l'occasion favorable. Ainsi firent-ils pour Clémenceau.

Ne compte pas trop sur un pronunciamiento. Ce n'est pas un article importé chez nous ! Continue à bien faire et laisse dire : les chiens aboient mais la caravane passe."

 Comme prévu, je dus, après l'Indochine, reprendre le collier universitaire dans le cadre de l'Enseignement Militaire Supérieur Scientifique et Technique, et l'Ecole d'Etat-Major succéda à la Faculté des Sciences et à Supélec.

Je pantouflai au début de 1962 et mes 26 années de carrière civile, largement consacrées à l'exportation, furent le prolongement naturel de mon expérience. N'oublions pas qu'il faut être deux pour y croire et que l'épouse a un rôle fondamental à jouer. C'est vrai dans tous les ménages, je crois que ça l'est encore plus pour la femme de l'officier.



[1] 415 km, par la route, entre les deux villes.

[2] Général d'Empire.

[3] Ecole Militaire d'Application des Transmissions, puis Ecole d'Application des Transmissions.

[5] Voir Annexe 6

[6] Porter vigoureusement le pied gauche en avant, la jambe tendue, et le poser franchement sur le sol, le talon lie premier, à 0,75 m environ du pied droit, qui se lève. Porter ensuite la jambe droite en avant, poser le pied droit à la même distance et de la même manière qu'il vient d'être expliqué pour le pied gauche. Continuer de marcher ainsi, en conservant la tête directe et en laissant aux bras tendus un mouvement d'oscillation normal, le bras gauche étant en arrière quand le pied gauche se pose à terre et inversement. Garder les mains ouvertes et les doigts tendus et joints. La cadence normale est de 120 pas à la minute. Il importe que le chef l'indique dès le départ en scandant à haute voix « Un, deux». http://www.sdis70.fr/ordre-serre-jsp-formateur.pdf

[7] Chant de la Légion Etrangère. https://www.youtube.com/watch?v=iy1r0zdzwHo

[8] En juillet 1945, près de 2 900 jeunes Français âgés pour la plupart de 18 à 30 ans, entraient à l’École Militaire Interarmes de Coëtquidan, pour y devenir officiers. Ils étaient d’origines diverses, mais avaient déjà, pour la plupart, fait campagne dans la guerre qui venait de s’achever en Europe : maquisards, sous-officiers, saint-cyriens (principalement des Promotions 1942, 1943, 1944), jeunes engagés volontaires pour la durée de la guerre. Tous avaient en commun la même foi en la France et le désir de servir au mieux leur pays. En décembre 1945, après six mois d’entraînement intensif dans le décor sévère de la Forêt de Paimpont, 1747 reçurent le galon d’aspirant ou de sous-lieutenant.

Certains poursuivirent une carrière plus ou moins longue sous les armes. Deux cent cinq d’entre eux, dont Bernard de Lattre de Tassigny et Henri Leclerc de Hautecloque, sont morts pour la France dans les combats d’Indochine, de Madagascar, de Tunisie et d’Algérie. Cent vingt atteindront le grade de Général, certains dans des postes aussi prestigieux que Chef d’Etat-Major des Armées, Chefd’Etat-Major de l’Armée de Terre,ou Chef de l’Etat-Major Particulier du Président de la République.

Les autres accompliront des carrières civiles aussi diverses que : diplomates, médecins, magistrats, industriels, artistes, prêtres, etc. Certains deviendront parlementaires, élus locaux, responsables d’associations...

[10] L'Administration.

[11] Notons que l'Affaire Dreyfus s'était terminée en 1906 par la réhabilitation du Capitaine Dreyfus, mais que l'attitude de bon nombre d'officiers avait provoqué de profondes rancœurs à l'égard de l'armée dans son ensemble.